Mad Max. Et après ?

Salut Internet !

Pourquoi est-ce si dur d’exprimer une opinion quand on veut faire du grand spectacle ? Pourquoi la défense d’un propos insurrectionnel, féministe ou anticapitaliste est-elle très rare dans une grosse production ? La thune ! La thune ! Eh ben, pas que…

Tout d’abord, ce n’est pas impossible, le dernier Mad Max nous l’a prouvé et d’autres aussi (Les fils de l’homme, District 9, Fight Club, etc.). Cela est d’autant plus vrai que le système capitaliste se contrefout du propos de ce qu’il produit tant que ce dernier lui apporte une plus-value et qu’il peut l’exploiter. D’autre part, il existera toujours un marché de petits révoltés (dont je fais partie) qui seront prêts à payer pour voir une approche spectaculaire, même vague, de leurs idées. La chaîne la plus réactionnaire des États-Unis (La Fox) produit Les Simpsons qui, même si c’est loin d’être une série anticapitaliste, n’en est pas moins progressiste et passe son temps à critiquer sévèrement la chaîne qui la produit depuis 26 ans. Bon, tout ça est très ricain, je vous l’accorde, mais étant donné que l’immense majorité de la consommation cinématographique à grand spectacle vient de chez eux…

Bon, alors pourquoi n’y a-t-il pas plus de films comme Mad Max alors ? Je pense que c’est essentiellement une histoire de génération et ce n’est pas étonnant que le réalisateur qui s’est permis de mettre une femme combattante et mutilée comme véritable héroïne d’une des franchises les plus testostéronnées du cinéma d’action ait plus de 70 ans. Il ne faut pas oublier que le cinéma populaire, quoique dépendant financièrement, a toujours été vecteur d’un état d’esprit qui se doit de correspondre aux préoccupations du public auquel il s’adresse. Or les années 80 ont tellement promu des valeurs réactionnaires et libérales que cela s’est inscrit profondément dans l’inconscient collectif, et ce n’est pas la gueule de bois des années 90 et l’apathie des années 2000 qui ont changé la donne. Les élans contestataires que nous connaissons depuis le début des années 2010 (indignés, anonymous, Snowden, printemps arabes, Sivens, etc.) ont peut-être permis à un George Miller de se reconnecter avec ce qu’il a défendu 30 ans plus tôt et de laisser tomber les pingouins dansants…

Il reste maintenant à espérer que les jeunes réalisateurs s’en inspirent et se mettent à briser le moule de ces 30 dernières années. Nous sommes des produits, à nous de rendre la marchandise consciente ; le cinéma à grand spectacle est à notre image, donnons-lui une gueule décente.

À demain ?

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