
Meilleurs vœux…


Je n’ai plus la force de continuer. Trop d’incertitudes, trop de responsabilités, trop de conséquences sans reconnaissances. C’est ça le problème quand on a choisi d’être seul et qu’on n’a pas le courage de s’aimer. La confiance que je me porte est toujours en fonction d’un résultat que je ne m’approprie jamais, sauf quand c’est mauvais. Ce sentiment permanent que ce n’est pas moi qui fais ce que je fais. Alors, autant commencer à suivre le mouvement, s’accrocher à la rampe du tapis roulant et rester debout.
Giacomo était caché dans son buisson depuis maintenant une heure. Il avait froid et commençait à avoir des crampes aux cuisses à force de rester accroupi. De plus, le taillis qu’il avait choisi était particulièrement peu confortable. Non pas que les buissons soient conçus pour l’être, mais là, une multitude de contondances lui massacrait lentement la chair. Mais il ne regrettait rien, car le spectacle auquel il assistait valait largement toutes les maltraitances que son corps puisse subir.

C’est pénible de découvrir toujours la même chose. Encore et encore cette impression de tas de fiente qui dégringole en bas de la montagne. Ce n’est plus le mythe de Sisyphe, mais celui du bousier. Refaire sa petite boule de détritus et l’amener sous le microscope dans l’espoir d’y trouver enfin une réponse. Je n’avais pas signé pour ça à la base. Je savais bien que je ne découvrirais pas le prochain vaccin universel, mais de là à passer vingt ans à observer de la merde…
